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Par José Carlos Palma | Rédacteur en chef
Le président américain Donald Trump pousse l’Ukraine à accepter une nouvelle proposition de paix reposant sur des exigences russes très étendues, donnant à Kyiv jusqu’au 27 novembre pour décider si elle accepte ces conditions ou risque de perdre le soutien américain. Cette initiative marque la dernière tentative de Trump pour mettre fin à la guerre totale menée par la Russie, qui approche désormais de sa quatrième année. Comme l’a déclaré le président ukrainien Volodymyr Zelensky le 21 novembre, « L’Ukraine pourrait bientôt être confrontée à un choix extrêmement difficile, soit la perte de sa dignité, soit le risque de perdre un partenaire clé. »
Qu’est-ce que le plan de paix en 28 points pour l’Ukraine ?
Au cœur de la proposition de Trump se trouve une concession territoriale massive, l’Ukraine devrait céder toute la région orientale du Donbass, à la fois les zones occupées par la Russie et celles encore contrôlées par les forces ukrainiennes. Alors que la Russie occupe presque entièrement l’oblast de Louhansk, l’Ukraine conserve des parties importantes de l’oblast de Donetsk, y compris les villes clés de Pokrovsk, Sloviansk et Kramatorsk.
Selon le plan, les forces ukrainiennes se retireraient de ces zones restantes, qui seraient alors désignées comme zone démilitarisée. Le territoire serait reconnu internationalement comme appartenant à la Russie, bien que les troupes russes y soient interdites. Le cadre prévoit également une reconnaissance de facto du contrôle russe sur la Crimée, Louhansk et Donetsk, non par l’Ukraine, mais par les États-Unis. Les oblasts de Kherson et Zaporizhzhia seraient figés le long de la ligne de front actuelle, consolidant les avancées de Moscou.
Les forces armées ukrainiennes seraient limitées à 600 000 hommes. Kyiv mettrait en pause ses aspirations à rejoindre l’OTAN et accepterait de ne pas accueillir de troupes étrangères, restant un État non nucléaire. En retour, le Kremlin s’engagerait à ne pas attaquer l’Ukraine ou d’autres pays européens, et à codifier cet engagement dans la loi russe. Cependant, l’historique de Vladimir Poutine en matière de modifications légales soulève des doutes quant à la pérennité d’un tel engagement.
La partie économique du plan reste floue. Elle appelle à la réintégration progressive de la Russie dans l’économie mondiale, à la levée progressive des sanctions et au lancement de coopérations américano-russes dans les domaines de l’énergie, des infrastructures, de l’intelligence artificielle et des terres rares. Les actifs russes gelés seraient partiellement utilisés pour reconstruire l’Ukraine, complétés par des contributions européennes, tandis que le reste financerait des projets conjoints.
Concernant la centrale nucléaire de Zaporizhzhia, actuellement sous occupation russe, le plan propose de relancer ses opérations sous supervision de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), avec une répartition égale de l’électricité entre Russie et Ukraine.
Qui est derrière ce plan ?
L’envoyé spécial américain Steve Witkoff a été le principal architecte du plan, en coordination avec Kirill Dmitriev, principal négociateur économique russe. Selon des sources ukrainiennes, Witkoff a agi via un canal parallèle à la Maison-Blanche, influençant les discussions au détriment des figures pro-Ukraine. Ancien magnat de l’immobilier, il n’a aucune expérience diplomatique mais joue un rôle central dans une proposition qui reflète étroitement les conditions du Kremlin.
Pourquoi ce plan est-il différent des précédents ?
Cette proposition arrive à un moment de forte pression pour l’Ukraine, militaire, politique et économique. Sur le terrain, les forces russes continuent d’avancer vers Pokrovsk, créant une « zone de destruction » de 10 à 15 kilomètres. Sur le plan politique, l’Ukraine est secouée par un scandale de corruption majeur touchant des proches de Zelensky et plusieurs ministres.
Dans ce contexte, Trump semble impatient. « J’ai eu beaucoup de délais, mais jeudi, c’est le moment », a-t-il déclaré.
La réaction de Zelensky
L’administration Zelensky a confirmé le 21 novembre avoir reçu « un projet de plan qui, selon les Américains, pourrait revitaliser la diplomatie ». Le président ukrainien n’a pas rejeté le plan mais a souligné que l’Ukraine chercherait un dialogue constructif pour défendre ses priorités nationales.
La position des alliés de l’Ukraine
Selon des sources du Kyiv Independent, les partenaires européens n’ont pas été inclus dans la rédaction du plan américain. Zelensky a discuté du plan avec le chancelier allemand Friedrich Merz, le président français Emmanuel Macron et le Premier ministre britannique Keir Starmer, insistant sur la nécessité d’assurer une paix réelle et digne, incluant l’Ukraine et l’Europe.
Prochaines étapes
Zelensky a averti les Ukrainiens que la semaine à venir serait « très difficile et mouvementée », avec une pression politique et informationnelle croissante. Kyiv prévoit de travailler avec les États-Unis pour rechercher des solutions constructives, tandis que la date limite imposée par Trump pour la signature du plan approche, suscitant une attention étroite à Kyiv, Washington et Moscou.
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