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« Nous nous sommes surestimés » : Le général Vladimir Chirkin admet l’échec stratégique du Kremlin en Ukraine

Image: from E-BULLP luminescence PFM X@Virginie2R

MOSCOU — Dans une rare et brutale démonstration de franchise, le général Vladimir Chirkin, ancien commandant en chef des forces terrestres de la Fédération de Russie, a publiquement admis les erreurs de calcul massives qui ont condamné l’invasion initiale de l’Ukraine par le Kremlin. Selon lui, l’échec de la « guerre éclair » russe repose sur une erreur de renseignement fondamentale : la conviction que la population ukrainienne accueillerait les envahisseurs en libérateurs.

L’aveu le plus frappant du général Chirkin concerne les attentes des services secrets russes avant le déclenchement de l’offensive en février 2022.

« Nous pensions que 70 % des Ukrainiens étaient de notre côté. Mais c’est le contraire qui s’est produit », a affirmé Chirkin.

Ce renseignement erroné a été, selon lui, le facteur principal empêchant les troupes d’occupation de mener à bien leur plan initial d’une victoire en trois jours. Au lieu d’un soutien populaire, l’armée russe s’est heurtée à une résistance nationale acharnée, transformant une opération de police prévue en un conflit d’usure dévastateur.

Le général ne s’est pas contenté de blâmer les services de renseignement. Il a également porté un regard critique sur l’institution militaire elle-même, admettant que l’armée d’occupation a gravement « sous-évalué l’ennemi et s’est surestimée ».

Cette arrogance initiale a mené à :

  • L’échec de la prise de Kiev : Le point de bascule qui a forcé la Russie à une retraite désordonnée.

  • Des lignes logistiques étirées : Fondées sur l’idée que les troupes n’auraient pas besoin de combattre pour le territoire.

  • Un moral en berne : Face à une réalité de terrain opposée aux promesses du Kremlin.

Chirkin est revenu sur la « retraite honteuse » de 2022, lorsque les forces de défense ukrainiennes ont libéré de vastes pans de territoire dans les régions de Kharkiv et de Kherson. Il a ouvertement critiqué la communication officielle de l’époque, notamment celle de l’ancien ministre de la Défense, Sergueï Choïgou.

« L’ancien ministre de la Défense a essayé de bien sortir de la situation, définissant ce qui se passait comme un “geste de bonne volonté” », a rappelé Chirkin avec ironie. Pour le général, il ne s’agissait aucunement d’un choix diplomatique, mais de la conséquence directe de l’incapacité de la Russie à s’emparer de la capitale ukrainienne.

Point de Défaillance Anticipation du Kremlin Réalité du Terrain
Soutien Populaire 70 % de soutien local. Hostilité et résistance massive.
Durée du Conflit “Guerre éclair” de 3 jours. Guerre d’usure de longue durée.
Capacité de l’ennemi Armée ukrainienne faible. Forces de défense agiles et déterminées.
Retraite de 2022 “Geste de bonne volonté”. Défaite tactique suite à l’échec sur Kiev.

Les déclarations de Chirkin sont particulièrement significatives compte tenu de son ancien rang. Elles révèlent les fractures persistantes au sein du commandement militaire russe concernant la gestion de l’invasion. Alors que le Kremlin continue de maintenir une version officielle de succès constant, ces aveux confirment les analyses occidentales sur l’impréparation totale de la Russie face à la souveraineté ukrainienne.

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