Image: from La Provence X@laprovence
Par le Bureau d’Information de l’Open Chronicle
À Marseille, la violence liée au narcotrafic, qui frappe la deuxième ville de France depuis plusieurs années, est devenue un enjeu central de la campagne pour les élections municipales du 15 mars 2026, redéfinissant les lignes politiques et les priorités des candidats.
La ville, affectée par des réseaux criminels organisés qui exploitent son port et ses quartiers populaires, connaît une escalade des règlements de comptes et des homicides liés à la drogue depuis au moins le début des années 2020. Selon des données récentes, Marseille a vu plus de 300 meurtres liés au trafic de stupéfiants au cours de la dernière décennie, avec une hausse notable dans les dernières années. Les autorités ont qualifié cette violence d’équivalente à une menace terroriste, tant son impact est profond sur le tissu social.
🇫🇷 Une opération d'ampleur a été lancée ce mardi dans les quartiers Nord de Marseille avec 1.500 policiers déployés pour cibler en même temps 15 points de deal afin de "reprendre le terrain" aux narcotrafiquants ⤵️ pic.twitter.com/tLKkTyYFpT
— Agence France-Presse (@afpfr) December 12, 2025
Dans ce contexte, la sécurité et la lutte contre le narcotrafic sont devenues des thèmes incontournables des programmes et des débats. Benoît Payan, maire sortant issu de la gauche diversifiée du « Printemps marseillais », met en avant une stratégie mêlant sécurité renforcée, services publics et politiques sociales pour s’attaquer aux causes profondes de la violence. Son équipe insiste sur une action coordonnée entre police municipale, justice, rénovations urbaines et soutien aux quartiers défavorisés.
Cette approche contraste avec celle de Franck Allisio, candidat du Rassemblement National (RN), qui a fait de la question de la sécurité un des points d’ancrage de sa candidature. Le RN plaide pour des mesures d’urgence et une réponse plus « forte » face aux gangs et aux trafiquants, y compris des dispositifs exceptionnels visant à restaurer l’ordre public rapidement.
Un des développements les plus marquants de cette campagne est l’entrée en politique d’Amine Kessaci, militant anti-drogue de 22 ans, qui a décidé de rejoindre la liste de Benoît Payan. Kessaci, originaire des quartiers nord de Marseille et auteur d’un livre sur la vie dans ces zones marquées par le trafic, est devenu une figure symbolique du combat contre le narcotrafic après la mort de ses deux frères, victimes de la violence des réseaux. Il veut faire de Marseille une « vitrine nationale de la lutte contre le narcotrafic » et propose une approche globale combinant prévention, sécurité de proximité, services publics et soutien aux familles touchées par la violence.
La campagne municipale s’organise donc autour de deux visions différentes pour Marseille : une qui cherche à combiner action sociale et réponses sécuritaires intégrées, et une autre qui met la pression sur des mesures strictement répressives et des réponses rapides au désordre urbain. La guerre de la drogue, loin d’être un simple enjeu sécuritaire, influence désormais les équilibres politiques locaux et nationaux, en mobilisant des électeurs, des militants et des institutions autour de solutions pour stabiliser une ville longtemps confrontée à la violence structurée des réseaux criminels.