Image: from Ludovic Hubert X@hubert_ludo
Par le Bureau d’Information de l’Open Chronicle avec Agences
Le géant français du conseil et des services numériques, Capgemini, se retrouve dans une position délicate à l’échelle internationale. Sa filiale américaine de services technologiques a récemment conclu un contrat majeur avec l’Immigration and Customs Enforcement (ICE), l’agence américaine chargée de l’immigration. Cette décision provoque une vague de critiques mondiales, alors que l’administration de Donald Trump intensifie sa politique de répression migratoire.
Un contrat qui passe mal
Le contrat en question porte sur la fourniture de services technologiques et de gestion de données destinés à soutenir les opérations de l’ICE. Si, pour l’entreprise, il s’agit d’un accord commercial classique dans le secteur public, pour les défenseurs des droits de l’homme et certains observateurs politiques, cette collaboration est perçue comme un appui direct aux mesures d’expulsion massive promises par le président américain.
Ce rapprochement intervient dans un climat de tension extrême aux États-Unis, où les nouvelles directives migratoires de la Maison Blanche font l’objet de contestations judiciaires et de manifestations quotidiennes.
Des bonus de rémunération en fonction du nombre d’adresses d’exilé·es fournies : l’entreprise française Capgemini est pointée du doigt pour sa collaboration avec l’ICE, la police de l’immigration américaine. pic.twitter.com/8U21JRkv1u
— AJ+ français (@ajplusfrancais) January 27, 2026
Une réaction internationale immédiate
L’annonce de ce contrat a déclenché un “backlash” (retour de bâton) mondial. En France, pays d’origine de Capgemini, plusieurs voix s’élèvent pour interroger l’éthique de la multinationale. Des collectifs de salariés et des organisations non gouvernementales expriment leur inquiétude quant à l’utilisation des technologies européennes pour faciliter des politiques jugées discriminatoires ou inhumaines.
🌐 Le géant français de l'informatique Capgemini a annoncé dimanche la mise en vente de sa filiale travaillant pour la police américaine de l'immigration, l'ICE, après la polémique suscitée par un contrat ⤵️ pic.twitter.com/WIk1AAjBNI
— Agence France-Presse (@afpfr) February 1, 2026
À la Bourse, les investisseurs surveillent de près l’évolution de la situation, craignant que l’image de marque du groupe ne soit durablement entachée, ce qui pourrait affecter d’autres contrats en Europe ou dans des régions sensibles aux questions de responsabilité sociale des entreprises (RSE).
La défense de Capgemini
De son côté, la direction de Capgemini tente de tempérer la situation en soulignant l’autonomie de sa branche américaine spécialisée dans les services aux administrations fédérales. L’entreprise rappelle qu’elle fournit des solutions techniques neutres et qu’elle respecte les lois en vigueur dans les pays où elle opère.
Toutefois, face à la pression croissante, le groupe pourrait être contraint de clarifier sa position éthique globale, alors que la frontière entre service technologique et implication politique devient de plus en plus poreuse sous la nouvelle administration Trump.