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Open Chronicle France avec agences
Le ministre français chargé des Affaires européennes Benjamin Haddad a affirmé que l’Europe ne devait pas laisser d’autres puissances négocier son architecture sécuritaire à sa place, alors que l’European Union réfléchit à une éventuelle reprise du dialogue direct avec la Russie.
Dans un entretien accordé à Euronews, Benjamin Haddad a toutefois averti que Moscou ne montrait actuellement aucun réel intérêt pour un cessez-le-feu ou une paix durable en Ukraine.
Une ligne de fermeté face à Moscou
Selon le ministre français, la priorité européenne doit rester le soutien à l’Ukraine ainsi que l’augmentation de la pression politique et économique sur la Russie.
Benjamin Haddad estime que le Kremlin ne mène pas de négociations sérieuses et cherche avant tout à gagner du temps tout en poursuivant sa stratégie militaire.
Il a également affirmé que la Russie espérait diviser les Européens depuis le début de la guerre, mais que l’inverse s’était produit avec un renforcement du soutien européen à Kyiv.
L’Europe veut reprendre sa place diplomatique
Les débats actuels au sein de l’Union européenne portent notamment sur la possibilité de nommer un envoyé spécial chargé d’établir des contacts directs avec Moscou.
Cette réflexion intervient après plusieurs mois de discussions menées principalement sous médiation américaine, dont les résultats restent limités.
Paris et l’Italie avaient initialement soutenu une implication directe des Européens dans d’éventuelles négociations avec Vladimir Putin.
Le président français Emmanuel Macron avait même envoyé son conseiller diplomatique Emmanuel Bonne à Moscou en février pour tenter d’ouvrir un canal de discussion avec les autorités russes.
Cette initiative avait toutefois été repoussée par le ministre russe des Affaires étrangères Sergei Lavrov.
Des divisions persistantes au sein de l’Union européenne
Les déclarations françaises reflètent également les divergences qui persistent entre les États membres sur l’attitude à adopter envers Moscou.
Plusieurs pays d’Europe orientale restent très sceptiques à l’idée de négociations directes avec Vladimir Poutine.
Le ministre estonien des Affaires étrangères Margus Tsahkna a récemment averti qu’un dialogue direct risquerait de transformer l’Union européenne en simple « médiateur neutre », susceptible d’être poussé à alléger les sanctions contre la Russie.
Le président letton Edgars Rinkēvičs a lui aussi estimé que Moscou pourrait exploiter diplomatiquement toute tentative de rapprochement.
Le soutien français à l’adhésion ukrainienne
Benjamin Haddad a par ailleurs réaffirmé le soutien de la France à la candidature de l’Ukraine à l’Union européenne.
Le président ukrainien Volodymyr Zelenskyy considère cette adhésion comme un élément essentiel des garanties de sécurité futures du pays.
Paris reste néanmoins attaché au respect des critères d’adhésion européens, malgré les propositions de certains responsables européens visant à accélérer l’intégration ukrainienne.
Le chancelier allemand Friedrich Merz a notamment suggéré d’accorder à Kyiv un statut d’association renforcé au sein des institutions européennes, idée accueillie avec prudence à Bruxelles.
Une Europe face à ses responsabilités stratégiques
Pour la diplomatie française, la guerre en Ukraine accélère une transformation profonde de la sécurité européenne.
Paris insiste sur la nécessité pour les Européens de renforcer leurs capacités politiques, militaires et diplomatiques afin de ne plus dépendre exclusivement des initiatives extérieures pour défendre leurs intérêts stratégiques.
Dans ce contexte, la France cherche à promouvoir une Europe plus autonome, capable de parler d’une seule voix face aux grandes puissances mondiales.