Le souverain pontife a été accueilli ce vendredi 25 septembre par Emmanuel Macron à son arrivée en France. Son voyage apostolique le conduira à Paris, Lourdes et Metz, avec plusieurs rencontres diplomatiques, des célébrations religieuses et des échanges consacrés aux grandes questions sociales et européennes.
Open Chronicle France avec agences
Paris, le 25 septembre 2026
Le pape Léon XIV est arrivé en France ce vendredi matin pour une visite apostolique de quatre jours, marquant une nouvelle étape dans les relations entre le Vatican, l’Église catholique française et les autorités de la République.
L’avion transportant le souverain pontife a atterri peu avant 10 heures, heure locale, selon la chaîne française BFMTV. Le président Emmanuel Macron l’a accueilli sur le tarmac, où la Garde républicaine a interprété l’hymne du Vatican et La Marseillaise.
Les deux dirigeants ont ensuite pris la direction du palais de l’Élysée pour un entretien officiel.
Ce déplacement, prévu du 25 au 28 septembre, constitue la première visite papale officielle en France depuis celle de Benoît XVI à Paris et Lourdes en 2008. Le pape François s’était également rendu à Strasbourg, Marseille et en Corse durant son pontificat, mais ces déplacements ne constituaient pas des visites d’État.
Plus d’un million de personnes sont attendues aux différents événements organisés pendant le séjour de Léon XIV.
Une première journée entre diplomatie et rencontres religieuses
Le programme de cette première journée associe les responsabilités diplomatiques du pape à sa mission de chef de l’Église catholique.
Après son entretien avec Emmanuel Macron, Léon XIV doit se rendre au siège de l’UNESCO, à Paris, où il prononcera un discours devant les représentants de l’organisation internationale.
Cette intervention devrait notamment aborder les enjeux de l’éducation, de la culture et de la coopération entre les peuples, dans un contexte international marqué par de nombreuses tensions.
Le souverain pontife se rendra ensuite à la cathédrale Notre Dame de Paris pour participer à une célébration de prière.
Sa journée s’achèvera par une veillée avec les jeunes au Stade de France, l’un des grands rassemblements prévus pendant cette visite.
Ces différentes étapes illustrent la volonté du Vatican de donner à ce déplacement une dimension à la fois spirituelle, culturelle et internationale.
Une grande messe en plein air au cœur de Paris
Samedi, Léon XIV poursuivra son séjour dans la capitale française avec une visite à la Maison Bakhita, un centre parisien consacré à l’accueil et à l’accompagnement des migrants et des réfugiés.
Cette rencontre permettra au pape d’aborder la situation des personnes déplacées et les difficultés rencontrées par celles qui cherchent à reconstruire leur vie dans un nouveau pays.
Le souverain pontife doit ensuite célébrer une grande messe en plein air sur la place de la Concorde.
Cette cérémonie constitue l’un des moments les plus attendus du voyage. Elle devrait rassembler une foule importante de fidèles venus de différentes régions françaises et de plusieurs pays européens.
L’organisation d’un tel événement au centre de Paris nécessite un important dispositif de sécurité et une coordination entre les autorités françaises et les organisateurs religieux.
La célébration intervient également dans un pays où la place des religions dans l’espace public demeure un sujet de débat, notamment en raison du principe de laïcité qui encadre les relations entre l’État et les différentes confessions.
Après la messe, Léon XIV quittera Paris pour rejoindre Lourdes, dans le sud ouest de la France.
Lourdes, une étape consacrée aux malades et aux victimes d’abus
Le passage du pape à Lourdes constituera une étape particulièrement importante de son voyage.
La ville, l’un des principaux lieux de pèlerinage catholique au monde, accueille chaque année des millions de visiteurs, dont de nombreuses personnes malades ou en situation de handicap.
Léon XIV doit y rencontrer des évêques français ainsi que des personnes malades et handicapées.
Son programme prévoit également une rencontre privée avec des survivants de violences sexuelles commises par des membres du clergé catholique.
Cette rencontre intervient alors que l’Église française continue de faire face aux conséquences des révélations sur les abus sexuels commis au sein de ses institutions.
En 2021, une commission indépendante a publié un rapport estimant qu’environ 216 000 mineurs avaient été victimes de violences sexuelles commises par des membres du clergé ou des ordres religieux entre 1950 et 2020.
Cette estimation atteignait environ 330 000 victimes lorsque les abus attribués à des personnes laïques travaillant dans des institutions catholiques étaient également pris en compte.
Ces conclusions ont profondément marqué l’Église française et suscité des demandes de reconnaissance, de réparation et de renforcement des mécanismes de prévention.
La rencontre de Lourdes devrait ainsi constituer un moment important pour les victimes et pour les responsables religieux engagés dans le traitement de ces affaires.
La question de la fin de vie pourrait être abordée avec Emmanuel Macron
La visite du souverain pontife intervient également quelques semaines après l’adoption en France, au mois d’août, d’une loi établissant un droit à l’aide à mourir pour certains adultes atteints de maladies graves et incurables, sous réserve de conditions d’éligibilité.
Cette évolution législative a suscité d’importants débats dans la société française.
Les évêques catholiques se sont opposés à cette mesure, invoquant notamment leurs convictions concernant la protection de la vie humaine et l’accompagnement des personnes gravement malades.
Le sujet pourrait être évoqué dans le cadre des échanges entre Léon XIV et Emmanuel Macron, même si aucune confirmation n’a été donnée concernant son inscription à l’ordre du jour de leur entretien.
Au delà de cette question, la rencontre entre les deux dirigeants s’inscrit dans le cadre des relations diplomatiques entre la France et le Saint Siège.
Elle intervient dans un contexte où les questions de paix, de migrations et de coopération internationale occupent une place importante dans les débats européens.
Metz accueillera la dernière étape du voyage
Le déplacement de Léon XIV s’achèvera lundi 28 septembre dans la ville de Metz, dans l’est de la France.
Le souverain pontife doit y participer à une rencontre interreligieuse réunissant des représentants de différentes confessions.
Cette étape sera également marquée par un discours consacré à l’Europe, à la paix et à l’unité.
Le choix de Metz, ville située dans une région historiquement marquée par les relations entre la France et l’Allemagne, donne une dimension européenne à la conclusion de ce voyage.
Les questions du dialogue entre les peuples et de la coexistence entre les différentes traditions religieuses devraient occuper une place importante dans les échanges.
La rencontre interreligieuse permettra également de rappeler le rôle que les responsables religieux peuvent jouer dans la promotion du dialogue et de la compréhension mutuelle.
Une visite importante pour l’Église catholique française
Le voyage de Léon XIV intervient à un moment où l’Église catholique française connaît de profondes transformations.
La diminution de la pratique religieuse régulière, l’évolution des rapports entre les générations et les conséquences des affaires d’abus sexuels constituent autant de défis pour les responsables ecclésiastiques.
Dans le même temps, les grands rassemblements religieux continuent de mobiliser de nombreux fidèles, tandis que Lourdes et d’autres lieux de pèlerinage conservent une place importante dans la vie spirituelle du pays.
La visite du pape représente ainsi une occasion de rencontre entre le chef de l’Église catholique et les différentes composantes de la communauté catholique française.
Elle offre également au souverain pontife la possibilité de s’adresser à une société caractérisée par une grande diversité de convictions religieuses et philosophiques.
Pendant quatre jours, les étapes de Paris, Lourdes et Metz permettront à Léon XIV d’aborder plusieurs dimensions de sa mission, de la diplomatie internationale à l’accompagnement des personnes vulnérables, en passant par le dialogue interreligieux et les grandes questions sociales.
Son déplacement s’achèvera lundi, après une dernière intervention consacrée à l’avenir de l’Europe, à la paix et à l’unité entre les peuples.