Open Chronicle France avec des agences
Le président français Emmanuel Macron a appelé mardi à une transformation profonde du Caucase du Sud, estimant que la région ne devait plus être un espace dominé par les rivalités géopolitiques entre puissances extérieures, mais un véritable carrefour reliant l’Europe, l’Asie centrale et le Moyen-Orient.
S’exprimant lors du Yerevan Dialogue, organisé à Yerevan, le chef de l’État français a défendu une vision axée sur la coopération régionale, l’ouverture des frontières et la stabilité fondée sur le droit international.
Une critique implicite des logiques de puissance
Dans son intervention, Emmanuel Macron a affirmé que le Caucase du Sud n’était pas destiné à devenir « un trophée » disputé par des empires concurrents. Une déclaration interprétée comme une critique des influences extérieures historiques dans la région, notamment celle de la Russie.
Le président français a évoqué la guerre de 2020 entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan, estimant qu’elle avait mis en lumière les limites des garanties sécuritaires traditionnelles et les fragilités d’une dépendance excessive envers des puissances protectrices.
Selon lui, Erevan a depuis engagé un choix « courageux et nécessaire » en faveur du dialogue et de la normalisation régionale.
L’ouverture des frontières au cœur du projet
Emmanuel Macron a insisté sur la nécessité d’ouvrir l’ensemble des frontières régionales, y compris entre l’Arménie, l’Azerbaïdjan et Türkiye.
Pour le président français, cette ouverture constituerait un levier essentiel de développement économique et permettrait de transformer les anciennes lignes de fracture en « routes de paix ».
Il a également mis en avant le soutien financier international à cette transformation régionale. L’International Monetary Fund et l’Agence française de développement participeraient à des projets représentant près de 4 milliards d’euros.
Une vision européenne de la stabilité
Au-delà du Caucase, Emmanuel Macron a présenté l’expérience européenne comme un modèle de reconstruction fondé sur la souveraineté, l’État de droit et la coopération entre États.
Selon lui, la stabilité durable ne peut émerger d’une logique de confrontation permanente ou de domination géopolitique, mais d’un ordre international reposant sur des règles communes et le respect du droit.
Un contexte géopolitique en mutation
Les déclarations du président français interviennent dans un contexte de recomposition stratégique dans le Caucase du Sud. Après les conflits récents et l’évolution des équilibres régionaux, plusieurs acteurs cherchent à redéfinir leurs alliances et leurs axes économiques.
Le Yerevan Dialogue réunit cette semaine des responsables politiques, experts et diplomates autour des défis sécuritaires, économiques et diplomatiques de la région, dans la continuité du sommet de la Communauté politique européenne.
Pour Paris, le Caucase du Sud apparaît désormais comme un espace clé de connectivité entre plusieurs régions stratégiques du monde, à condition que les rivalités historiques cèdent progressivement la place à la coopération régionale.