Image: from Tom Antonov X @Tom_Antonov
Open Chronicle France avec agences
La France et la Belgique ont franchi une nouvelle étape dans leur coopération en matière de défense avec la signature d’un accord portant sur l’acquisition de plusieurs milliers de mitrailleuses produites par l’entreprise belge FN Herstal. L’annonce a été faite lors du salon international de défense Eurosatory, où les ministres de la Défense des deux pays ont officialisé un partenariat destiné à renforcer les capacités militaires tout en consolidant la coopération industrielle européenne.
Cette commande constitue notamment le premier contrat de grande ampleur pour la mitrailleuse FN Evolys, un système présenté en 2021 et conçu pour répondre aux besoins des armées modernes en matière de mobilité et de puissance de feu.
Des milliers de nouvelles armes pour l’armée française
Dans le cadre de cet accord, l’armée française recevra plusieurs milliers de mitrailleuses FN Evolys en calibres 5,56 mm et 7,62 mm. Le contrat comprend également des mitrailleuses FN MINIMI Mk 3 en calibre 7,62 mm ainsi que des stocks de munitions adaptés.
Selon les premières estimations évoquées par le ministre belge de la Défense, Theo Francken, la France pourrait commander jusqu’à 5 000 mitrailleuses Evolys en plusieurs phases. Des informations relayées par l’agence belge indiquent qu’une première commande porterait sur plus de 2 000 armes toutes versions confondues.
Les premières livraisons sont attendues avant la fin de l’année 2026.
Une coopération industrielle renforcée
L’accord prévoit également l’adhésion officielle de la France au partenariat stratégique établi entre la Belgique et FN Herstal jusqu’en 2044.
La Direction générale de l’armement (DGA) française et la Direction générale des ressources matérielles (DGMR) belge mettront en place un mécanisme d’acquisition conjointe pour les armements légers et lourds. La procédure retenue permettra à la Belgique d’acheter les équipements au nom et pour le compte de la France.
Ce modèle rappelle les coopérations déjà développées autour du système d’artillerie CAESAR, du missile MISTRAL 3 ou encore du programme SCORPION.
Un soutien à l’industrie européenne de défense
Pour Bruxelles, cet accord apporte une visibilité supplémentaire à FN Herstal et contribue à renforcer l’industrie de défense belge. Pour Paris, il offre une solution rapide afin de moderniser certains équipements de l’armée de terre tout en favorisant les partenariats industriels européens.
Cette coopération intervient alors que la France et la Belgique cherchent à approfondir leurs relations industrielles dans le domaine militaire, notamment dans le cadre du programme binational CaMo.
Un financement soutenu par l’Union européenne
La France financera intégralement son adhésion au programme ainsi que l’exécution du contrat.
Pour ce projet, Paris compte mobiliser une partie des financements obtenus grâce au mécanisme européen SAFE, qui vise à soutenir les investissements stratégiques dans la défense et à faciliter les acquisitions communes entre États membres.
La ministre française des Armées, Catherine Vautrin, a d’ailleurs signé à Eurosatory un accord relatif à ce dispositif avec les commissaires européens Andrius Kubilius et Piotr Serafin.
FN Herstal également candidate pour les munitions françaises
Cette annonce intervient alors que la France travaille parallèlement à la reconstruction d’une filière souveraine de production de munitions de petit calibre.
Bien que les deux projets soient officiellement distincts, FN Herstal figure parmi les entreprises candidates pour participer à cette initiative stratégique. Cette position pourrait encore renforcer les liens industriels entre Paris et le groupe belge dans les années à venir.
Dans un contexte marqué par l’augmentation des budgets militaires en Europe et par la nécessité de renforcer les capacités de défense du continent, cet accord illustre la volonté croissante des États européens de développer des solutions communes et de soutenir leur base industrielle de défense.