Image: from Basil the Great X @BasilTheGreat
Par Open Chronicle France avec agences
La cour d’appel française a confirmé la condamnation de Marine Le Pen dans l’affaire du détournement de fonds du Parlement européen, tout en modifiant sa peine d’inéligibilité, une décision qui lui permet désormais de briguer la présidence de la République lors de l’élection de 2027. Cette possibilité reste toutefois conditionnée à l’exécution d’une peine de prison aménagée sous surveillance électronique, une mesure que la dirigeante du Rassemblement National a déjà déclaré incompatible avec une campagne présidentielle.
Condamnée en 2025 pour détournement de fonds publics européens, Marine Le Pen avait initialement été frappée d’une peine de cinq ans d’inéligibilité, ce qui semblait compromettre définitivement sa quatrième candidature à l’Élysée.
La cour d’appel a finalement ramené cette peine à quarante-cinq mois, dont trente avec sursis et quinze mois fermes. La période d’inéligibilité étant désormais considérée comme purgée, la présidente du groupe parlementaire du Rassemblement National retrouve le droit de se présenter à l’élection présidentielle prévue en avril 2027.
🇫🇷 National Rally leader Marine Le Pen has been sentenced to 3 years in prison (2 of which are suspended) and fined €100,000
The remaining one year will be served under house arrest with an electronic bracelet. The court also reduced her political ineligibility from 5 years to… pic.twitter.com/Pl4WruObxz
— Visegrád 24 (@visegrad24) July 7, 2026
Une peine de prison sous bracelet électronique
La justice a également revu sa condamnation pénale. La peine de quatre années de prison prononcée en première instance est réduite à trois ans, dont deux avec sursis. L’année restante devra être effectuée sous la forme d’une assignation à résidence avec port d’un bracelet électronique.
L’amende de plus de 100 000 dollars infligée en première instance est maintenue.
Ces sanctions, suspendues pendant la procédure d’appel, redeviennent désormais applicables.
Marine Le Pen a toutefois toujours affirmé qu’une campagne présidentielle sous surveillance électronique était impossible.
« Lorsqu’on est candidat à l’élection présidentielle, il faut pouvoir se déplacer librement », avait-elle déclaré récemment, estimant qu’elle ne pouvait dépendre d’une autorisation judiciaire pour organiser des réunions publiques ou rencontrer les électeurs.
Ses avocats pourraient demander une réduction de la durée du bracelet électronique à six mois, ce qui lui permettrait d’entamer la campagne de 2027 sans cette contrainte.
Son avocat, Rodolphe Bosselut, a estimé que cette décision constituait « un bon début », tout en soulignant qu’elle ne répondait pas pleinement aux attentes de la défense.
L’affaire des assistants parlementaires européens
Cette affaire concerne l’utilisation présumée de fonds du Parlement européen entre 2004 et 2016 pour rémunérer des collaborateurs travaillant en réalité pour le Rassemblement National.
Outre Marine Le Pen, huit élus ou anciens responsables du parti ont été condamnés, tandis qu’une douzaine d’anciens assistants parlementaires ont également été reconnus coupables.
Le Rassemblement National conteste depuis le début l’interprétation retenue par la justice et affirme qu’il s’agissait d’une organisation légitime du travail parlementaire.
Une présidentielle toujours très ouverte
Malgré cette procédure judiciaire, Marine Le Pen demeure l’une des principales favorites pour l’élection présidentielle de 2027.
Selon les derniers sondages, elle, comme le président du Rassemblement National, Jordan Bardella, recueillent entre 31 % et 36 % des intentions de vote au premier tour, très loin devant les autres formations politiques.
Pendant plusieurs mois, de nombreux observateurs estimaient que Jordan Bardella pourrait remplacer Marine Le Pen si celle-ci demeurait inéligible. La décision de la cour d’appel relance désormais l’incertitude sur le candidat que choisira finalement le parti.
Une progression continue du Rassemblement National
Le Rassemblement National poursuit une progression électorale engagée depuis plusieurs années.
Marine Le Pen s’était déjà qualifiée pour le second tour des élections présidentielles de 2017 puis de 2022 face à Emmanuel Macron. En 2022, l’écart avec le président sortant s’était nettement réduit par rapport au scrutin précédent, renforçant les perspectives de victoire du parti lors du prochain rendez-vous électoral.
L’élection de 2027 revêt un caractère particulier puisque le président Emmanuel Macron, arrivé au terme de ses deux mandats constitutionnels, ne pourra pas se représenter.
Pour de nombreux instituts de sondage, jamais le Rassemblement National n’avait atteint un niveau aussi élevé dans les intentions de vote aussi longtemps avant une élection présidentielle.

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