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Le cessez-le-feu avec l’Iran reste « temporaire » et « fragile », prévient Jean-Noël Barrot

Image: from BFM X @BFMTV

Par le Bureau d’Information de l’Open Chronicle avec Agences

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a tempéré l’optimisme international jeudi, après l’annonce d’une trêve dans le conflit opposant l’Iran à l’alliance américano-israélienne. Selon le chef de la diplomatie française, l’accord obtenu le mercredi 8 avril demeure « temporaire » et « fragile », et un travail considérable reste à accomplir pour instaurer une paix durable dans la région.

Dans un entretien accordé au quotidien français La Croix, Jean-Noël Barrot a souligné que la stabilité régionale dépendra de la volonté de Téhéran à s’engager dans une voie de réforme profonde. « Un règlement durable exigera de la part de l’Iran des “concessions majeures” et un “changement radical de posture” afin de permettre une coexistence pacifique avec ses voisins », a-t-il affirmé.

La diplomatie comme seule issue

Bien que le contexte soit tendu, le ministre a réaffirmé que la diplomatie reste l’unique voie viable. Il a cité en exemple l’accord sur le nucléaire de 2015,  dont les États-Unis s’étaient retirés unilatéralement sous l’administration Trump en 2018, comme la preuve que les négociations peuvent mener à une réduction mesurable des activités sensibles.

Toutefois, M. Barrot appelle désormais à un accord plus vaste. Celui-ci ne devrait pas se limiter au programme nucléaire, mais englober les capacités balistiques de l’Iran, ses activités régionales ainsi que la question des droits de l’homme. « La situation montre qu’aucune partie ne sort renforcée de ce conflit. Les civils, en Iran et dans tout le Moyen-Orient, en restent les principales victimes », a-t-il déploré.

Le Liban ne doit pas être un « théâtre secondaire »

Le ministre a également exprimé sa vive inquiétude concernant les frappes israéliennes en cours sur le territoire libanais. Il a averti que ces opérations militaires ne devaient pas saper l’architecture fragile du cessez-le-feu iranien.

« Des frappes à grande échelle ont causé d’importantes victimes civiles. Le Liban ne doit pas devenir un théâtre de guerre secondaire », a-t-il prévenu, appelant Israël au respect du droit international et à la protection des infrastructures civiles, tout en encourageant le dialogue avec Beyrouth.

Autonomie stratégique européenne

Enfin, abordant la question de l’OTAN, Jean-Noël Barrot a rejeté l’idée d’un alignement automatique sur la politique étrangère des États-Unis. Il a plaidé pour une « autonomie stratégique européenne » renforcée, appelant à la consolidation du pilier européen au sein de l’alliance atlantique.

Pour rappel, le cessez-le-feu de deux semaines a été annoncé mardi dernier sous l’égide du Pakistan. Il vise à mettre fin aux hostilités déclenchées le 28 février par Washington et Tel-Aviv contre Téhéran, un conflit dont le bilan humain s’élève déjà à des milliers de morts et de blessés.

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